Choisir dès à présent un candidat à la présidentielle de 2019 pour éviter le piège du vote utile et relancer l’espoir. Telle est la proposition. Comment choisir, qui choisir, pour quel programme? Abdelaziz Belkhodja, observateur de la vie politique, nous donne son opinion sur le faux débat du régime politique,  sur les réformes nécessaires et les partis et personnalités à éviter.

La Nation : vous avez déclaré: « le temps est venu de choisir un(e) futur(e) chef d’Etat avant que les médiocres habituels nous poussent vers le piège du vote utile ». Vous considérez qu’il y a urgence?

Ce n’est pas un souci personnel. Si les Tunisiens sont tombés, en 2011, dans le piège de la division, en 2014, les électeurs progressistes ont, en masse, voté et fait triompher un parti progressiste, démentant tous les think tank et politologues de la planète qui annonçaient la victoire des islamistes dans tout pays arabes qui s’ouvrirait à la démocratie. C’est un signe important de la maturité politique des Tunisiens, sauf que le parti en question, Nidaa Tounes, a trahi tout le monde en se basant sur des arguments fallacieux comme celui de l’absence de majorité absolue et donc de la nécessité de travailler avec Ennahdha. Ce qui est faux à la base, et ce qui n’a, par ailleurs, servi à rien puisque la crise s’est approfondie. Aujourd’hui, des millions de Tunisiens de toutes tendances politiques veulent favoriser un mouvement qui se démarque de la logique fataliste et dépourvue de vision des deux partis conservateurs qui ont échoué à un point tel que les pires éléments de ces deux partis au pouvoir ne sont pas loin de s’entendre pour mettre le pays sous coupe réglée.

Vous pensez qu’il y a un danger de retour vers la dictature?

Bien sûr, ça arrangerait bien des pays et bien des gens. Le problème est que tous les gouvernements, depuis 2011 ont échoué et la Tunisie s’est beaucoup appauvrie. Aujourd’hui, le raccourci « démocratie = crise » ou « La démocratie n’est pas faite pour les Tunisiens » est dans tous les esprits. C’est une situation explosive qui peut porter au pouvoir des mafieux. Ce ne serait pas une première. En 2014, des mafieux (aujourd’hui en prison) s’étaient portés candidats à la présidentielle sans que l’État, ni l’Isie, ni la Justice, ni même les médias ne s’interrogent. Nous sommes dans un pays d’impunité, un pays sans autorité ni intelligence. Les mafieux pourraient arriver au pouvoir, ils ont déjà à leur solde des responsables politiques, des députés, des médias et des pans entiers de l’administration, et ce n’est pas moi qui le dit, mais les organismes les plus fiables.

Si tous les gouvernements échouent, n’est-ce pas par absence de solutions?

Les solutions existent dans tous les domaines. Prenons l’investissement. Lors du forum Tunisie 2020, j’ai eu personnellement affaire à des dizaines de gros investisseurs étrangers dont les capacités se chiffrent en dizaines de milliards de dollars. Ils ont été découragés par le désintérêt total des responsables politiques et par une administration repoussante. Il y a également des centaines de possibilités de relance économique endogène, sauf que la Tunisie traîne des tares que les gouvernements n’ont pas le courage d’éliminer.

Est-ce une question de courage? N’est-ce pas à cause d’un régime constitutionnel incompatible avec l’efficacité politique?

Cette histoire de régime politique inefficace est un attrape nigauds: si, en janvier 2015, BCE avait nommé un gouvernement de choc, porté par un programme ambitieux, clair et susceptible de sortir le pays de ses différentes crises; si ce gouvernement là avait su communiquer son plan et ses solutions, vous croyez que l’ARP ne l’aurait pas soutenu? Et même si certains parti s’étaient élevés contre, rien que la menace politique de législatives anticipées aurait résolu la question. En plus, il suffit simplement de changer la loi électorale vers un scrutin majoritaire à deux tours pour que la question législative ne fasse plus problème. Mais la réalité est qu’aucune politique n’a été mise en place. BCE et Habib Essid ont agi sans sens politique ni même pratique. La preuve? regardez l’état du pays. Ce n’est donc pas une question de système, mais de projet et de culture politique. Le gouvernement Essid aurait échoué sous n’importe quel système politique, même sous une monarchie patrimoniale. Il n’a fait que traîner les tares du pays au lieu de les affronter franchement en associant tout le monde à ce combat, société civile, partis, syndicats, médias… Car enfin, tout le monde n’attend que des solutions! Enfin, presque tout le monde…

Et le gouvernement Youssef Chahed est il dans la même logique que celui de Habib Essid?

En politique, le changement vous donne toujours, au début de votre mandat, assez d’oxygène pour pouvoir imposer des réformes. Or le gouvernement Chahed a mal commencé, il a pris le train en marche dans de très mauvaises conditions et souffre de personnalités médiocres, imposées par les partis à tous les niveaux, même au sein des cabinets ministériels. Or, comment pouvez-vous travailler avec une équipe qui n’est pas la vôtre? Même au foot ça ne fonctionne pas, encore moins en politique… Bref, le gouvernement Chahed a travaillé dans des conditions catastrophiques… mais il a fait de bonnes choses. Il a présenté de bons projets de loi, que ce soit pour l’économie (Loi d’Urgence économique) ou pour lutter contre la corruption (loi sur l’origine des biens des fonctionnaires). Mais ces projets n’ont pas eu le retentissement nécessaire pour pousser l’ARP à les valider. Pourquoi? Si c’est l’ARP qui empêche le pays de se relever, il faut le dire, si ce n’est pas l’ARP, il faut nous dire qui c’est. On se retrouve avec le même problème que celui du gouvernement Essid: nous sommes toujours au niveau zéro de la politique, les vrais problèmes du pays ne sont pas traités comme il faut.

Même celui de la corruption?

Oui, on ne peut pas résoudre le problème de la corruption avec une justice et une administration qui s’acharnent à protéger les corrompus! Chahed a été obligé de passer par la justice militaire, mais ce n’est pas une solution viable. Il faut créer des chambres spéciales dans les tribunaux et mettre à leur tête des juges incorruptibles. On les connait les incorruptibles, il y en a. Et croyez moi, tout le monde n’attend que ça. Et on revient au même problème de l’absence de politique: si ce gouvernement avait communiqué sur les nécessaires réformes pour combattre la corruption, le pays se serait mobilisé, et l’ARP obligée de suivre sous la pression, or, c’est toujours le silence total… il n’y a pas de communication politique ni de politique. Mais la corruption est l’arbre qui cache la forêt, les autres problèmes sont aussi importants.

Quels sont les autres problèmes?

Le fonctionnariat, l’économie, la saleté, l’impunité, le chômage, la chute du dinar, la hausse des prix, la caisse de compensation, les caisses des retraites, le commerce, la fuite des cerveaux, les jeunes qui veulent tous quitter le pays… la liste est trop longue. En fait rien ne fonctionne, le pays est pourri, complètement invivable. Prenons l’administration par exemple, elle est pléthorique et inefficace. Pourtant, il y a des dizaines de solutions pour limiter le nombre des fonctionnaires.

Par exemple?

Lorsque la Tunisie a accédé à l’Indépendance, vous croyez que les fellaghas n’avaient pas exprimé leur désir d’intégrer l’administration? Comment l’État naissant a-t-il réagi au problème, à l’époque? Il a crée la Garde Nationale, a recruté juste le nécessaire, ensuite, il a donné aux autres résistants des autorisations d’exercer, par exemple dans le transport privé (les fameux « louages ») ou autre. Or qu’a fait Ennahdha lorsqu’elle a accédé au pouvoir? Elle a recruté, parmi ses militants et sympathisants, 150 000 fonctionnaires; elle bourré les entreprises publiques; a accordé 1200 milliards de compensation. Résultat, elle a détruit l’État, détruit le service et le secteur publics, doublé l’enveloppe des salaires et donc bousillé les Finances Publiques. Comment voulez vous que la Tunisie survive? Regardez la Loi de Finances 2018! L’ensemble des ressources du pays et même des crédits étrangers va au fonctionnariat! Rien ne reste pour l’investissement. Nous avons affaire à un monstre qui non seulement ne sert strictement à rien mais qui, en plus, est en train de couler le pays de façon inéluctable. Cette situation, véritablement tragique, n’est pas dénoncée par les politiques alors qu’il est très urgent d’appliquer une véritable discipline qui doit aboutir à alléger l’administration et lui donner de l’efficience et d’un autre côté, proposer des retraites anticipées ou d’autres avantages en nature, les fameuses « roukhass » (autorisations). Tout doit être fait pour ne pas perdurer dans le tragique ridicule d’un État qui emprunte des devises pour payer un fonctionnariat qui n’assure aucune de ses missions! Regardez autour de vous, rien ne fonctionne, alors pourquoi on paye les fonctionnaires?

Parlons de solutions. Pour relancer l’économie par exemple?

Essayez de contracter un crédit et vous allez voir que les banques, qui devraient être des partenaires économiques, sont devenues les premiers destructeurs de l’économie. Un pays ne peut pas se développer sans ses banques. Les banques d’investissement (devenues de mauvaises banques commerciales) doivent renouer avec leur rôle de promoteurs de l’investissement et, accessoirement, de régulateurs de l’économie en influençant les taux d’emprunt (nous en sommes à TMM + 5). Des centaines de Tunisiens ont présenté des projets faramineux et exceptionnels, susceptibles de dégager des dizaines de milliards de dinars en peu de temps. Ils sont découragés. A une échelle plus modeste, des milliers d’ingénieurs voient les projets de leur vie abandonnés au fond d’un tiroir, et des milliers de jeunes de toutes spécialités, capables de créer des entreprises prometteuses, ne trouvent aucune aide, aucune écoute, à part certaines associations qui sont loin d’avoir les capacités des banques, mais l’État a apparemment d’autres chats à fouetter.

Encore une fois, que fallait-il faire?

D’abord comprendre ces nécessités, réunir les cerveaux, trouver les solutions et les imposer politiquement, par les réformes nécessaires. C’est à dire les présenter au peuple, aux partis, aux médias, aux organisations nationales, bref tout faire pour persuader les gens de la nécessité des réformes. C’est ainsi que les réformes passent, c’est le rôle principal des hommes politiques.

Et vous pensez que choisir un leader, dès aujourd’hui, pourrait aider à résoudre ces problèmes?

Absolument, c’est dès aujourd’hui que doivent être étudiées les solutions, traduites en projets de lois et être présentées aux Tunisiens. Je ne vois aucune autre solution fiable. Attendre la période électorale, c’est attendre que la cacophonie soit installée. Ça ne sert à rien.

Comme le notent beaucoup de gens, pourquoi ne pas rédiger un projet d’abord puis trouver la ou les personnes idoines ensuite?

Les projets existent déjà, il faut juste trouver des équipes de responsables capables de les affiner, de les présenter au peuple et de se fonder dessus pour préparer une campagne électorale efficace, gagner les élections et les concrétiser dans le cadre d’un programme général. Tout le monde n’attend que ça. D’ailleurs c’est exactement ce que l’on attendait en 2015 avant que Nidaa ne dévoile sa pauvreté intellectuelle et la marie à celle d’Ennahdha.

Pourquoi ne pas choisir l’un des leaders existants? Youssef Chahed, par exemple.

En principe, je suis tout à fait d’accord, mais en pratique, peut-il se manifester dès aujourd’hui? Non. Nous sommes à deux ans de l’échéance électorale, il est encore trop tôt pour un chef de gouvernement en exercice de présenter sa candidature. De ce fait, c’est assez problématique. Et puis Youssef Chahed peut avoir d’autres plans.

Vous voulez dire qu’il pourrait rempiler avec Nidaa et Ennahdha?

Je ne crois pas que Youssef Chahed croit en les promesses de deux partis aussi décevants. En 2011, BCE lui-même avait obtenu d’Ennahdha la promesse d’être choisi président… Et la liste des hommes politiques qui se sont fait avoir par Ennahdha est édifiante. Elle avait promis à une bonne dizaine de candidats à la présidentielle, son soutien total et tous y croyaient jusqu’au dernier moment. Mais aujourd’hui, les choses ont changé, Nidaa et Ennahdha ont perdu toute crédibilité, les deux formations sont tombées de 65% à 7% des suffrages. D’autre part,  Youssef Chahed sait qu’il les gêne, elles le lui ont fait savoir, on se souvient de Ghannouchi qui a interdit à Chahed de se présenter à la présidentielle. D’un autre côté, ce que subit Chahed à cause de Nidaa est terrible, il perd les 3/4 de son temps à résoudre les problèmes de ses ingérences catastrophiques dans les affaires de l’État.

Vous pensez que Chahed ira jusqu’au bout de son mandat? Qu’il ne démissionnera pas pour présider un mouvement?

Chahed l’a toujours dit : « je fais mon travail, les problèmes à surmonter sont énormes, je ne pense à rien d’autre ». De là où il se trouve, il a raison de ne pas tomber dans la politique politicienne, il se comporte en homme d’État. Électoralement, tout se jouera à la fin de son mandat. Mais il lui faut des réussites pour aspirer à poursuivre sa carrière politique au sommet. Or tout est mis en œuvre pour l’empêcher de réussir. S’il reste dans ce panier de crabe sans l’affronter franchement, il ne pourra assurer aucune réussite dans aucun domaine et il disparaîtra politiquement.

 

Que doit-il faire?

Son travail, il doit communiquer sérieusement sur les problèmes du pays et surtout sur leur solution. Il faut qu’il impose ses réformes qui dorment dans les tiroirs de l’assemblée, la loi d’Urgence Economique et celle sur la Transparence doivent passer le plus vite possible pour lui donner les moyens de relancer l’économie et stopper sérieusement la corruption. Ces deux lois pourraient jouir d’un soutien populaire extraordinaire, pourtant, rien de visible n’est fait pour les imposer, d’où le grand questionnement: pourquoi? Surtout que les opportunités d’investissements sont gigantesques, mais l’État ne réagit pas. Pourquoi? En fait, Youssef Chahed a en main les moyens politiques et intellectuels de sortir le pays de toutes ses crises, mais il ne fonce pas. Pourquoi? C’est, pour moi, une énigme, surtout que, sur le papier constitutionnel, c’est lui le véritable chef de l’État.

Soutiendrez-vous Youssef Chahed en 2019 s’il décide de se présenter?

Il y a un problème de timing. Il n’est pas question d’attendre une décision qui risque de ne pas arriver. Si BCE décide de se présenter, et tout le monde connaît le syndrome de Carthage, comment réagira Youssef Chahed? Je n’en ai aucune idée. Peut-on aujourd’hui attendre pour subir et nous laisser prendre, une nouvelle fois dans le piège du vote utile? D’avoir à choisir, au deuxième tour, entre deux catastrophes? C’est la raison pour laquelle il faut lancer cet appel à créer au plus tôt une équipe autour de personnalités jouissant de crédibilité, de visibilité et de solutions.

Qui voyez-vous dans cette équipe?

Il y a des personnalités politiques intéressantes, il y a d’excellents députés et autres hommes politiques qui restent marginalisés par les médias, il y a plusieurs économistes, d’excellent juristes aussi, mais il y a également de grandes capacités bien moins connues, je peux vous en citer une bonne vingtaine. Ce qui ferait du bien au pays, ce serait une équipe soudée, ignorant ces minables égos qui ont détruit le mouvement progressiste, qui l’ont même empêché de faire parvenir ses idées au peuple, laissant ainsi une voie royale aux corrompus et aux vendeurs de religion.

Et les autres politiques, les « classiques ».

Ceux qui n’ont jamais affronté la corruption et encore moins les vrais problèmes du pays, ceux qui se sont compromis, ont compromis leurs idées, leurs principes? Pourquoi les choisir? Il y a trop de blabla. Il nous faut des capacités nouvelles et réelles.

Et les conservateurs? Ont-ils leur place dans cette hypothétique équipe? Les islamistes par exemple.

Il y a de la place pour toutes les bonnes volontés. On a vu des conservateurs prendre des positions que des leaders de gauche n’ont pas osé prendre, comme Lotfi Zitoun sur la loi 52 ou la question de l’égalité des sexes. Des milliers de jeunes gens, efficaces et honnêtes, qui ont cru à Ennahdha après la révolution, ont eu la même déception que ceux qui ont cru en Nidaa. Aujourd’hui, ils ne croient plus en aucun parti. Va-t-on les rejeter où va-ton plutôt leur présenter un projet avec des engagements précis sur les libertés et droits fondamentaux? S’ils admettent la séparation de la religion et de l’État, s’ils admettent l’égalité des sexes, la liberté de s’aimer, la liberté de l’art, de la religion, de conscience etc., s’ils rejettent cette chape de plomb que les régimes arabes anachroniques imposent sur leurs populations, ils sont les bienvenus. Je pense que le temps est venu pour les bonnes volontés de toutes tendances confondues de se réunir autour d’un projet clair, précis, efficace. Personnellement, j’ai confiance. L’histoire de la Tunisie et son mouvement réformiste, s’ils sont bien communiqués, peuvent faire d’un intégriste, un parfait progressiste, car l’intégrisme parasite le vide culturel, éducationnel et politique. Quand vous vivez dans une poubelle cernée de corrompus, il est normal de voir pousser partout des intégristes.

Vous pensez que les progressistes accepteront des personnalités islamistes?

Les gens jugeront sur des faits et non sur des rumeurs ou à partir d’une hantise. Je pense que toute personnalité utile et bénéfique pour la Tunisie, qu’elle soit ex RCD, islamiste ou autre, si elle s’engage à respecter les libertés fondamentales, peut nous présenter son projet et avoir l’occasion de répondre à toutes les questions et critiques fondées.

Vous-même n’aviez-vous pas une hantise des islamistes?

Oui, parce que leur projet est le contraire de l’humanité, il est exclusif, raciste, sexiste, ignare et mortel. Mes critiques sont fondées et justifiées. Je veux par exemple comprendre ce qui s’est tramé en 2012 avec l’envoi des milliers de jeunes en Syrie, je veux savoir comment les responsables qui ont favorisé cela n’ont pas réfléchi aux terribles conséquences inéluctables, c’est à dire, en cas de victoire des jihadistes, l’établissement d’un Etat terroriste capable de créer un chaos international et, en cas de défaite, le retour au bercail de centaines de jihadistes parfaitement entraînés et donc capables de détruire le pays. Je crois que ce seul exemple mérite qu’on éprouve une hantise pour de tels « responsables ». Personnellement, si je n’ai pas d’explications fiables, je ne changerai pas d’avis. Mais loin de moi l’idée d’exclure tout un pan de la société qui n’a aucune responsabilité dans cette affaire. J’admet le conservatisme, s’il admet la différence et respecte la liberté.

Interview conduite par Mounir Kooli

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