Dans sa déclaration du mardi 1er août sur Nessma TV, Rached Ghannouchi, leader d’Ennahdha, a voulu poser un piège au chef du gouvernement en lui imposant de déclarer ses ambitions politiques.

En réalité absolument rien n’oblige Youssef Chahed à déclarer ses ambitions. Tous les chefs de gouvernement du monde font leur travail, puis, arrivés à quelques mois des élections – si ça leur chante – décident de démissionner et de s’engager dans la compétition électorale.

C’est cette logique parfaitement légale et légitime que le leader d’Ennahdha veut briser, parce que Youssef Chahed a réussi à prouver qu’il est capable de changer les choses en profondeur, de mettre au pouvoir une nouvelle génération de politiciens aptes à sortir la Tunisie de la dynamique de destruction dans laquelle la Troika, puis Nidaa, l’ont jetée.

Rached Ghannouchi, qui considère qu’il n’a pas eu, comme BCE, sa part de gloriole, sait que sa seule chance de devenir président de la République est d’éliminer l’unique poids lourd actuel, Youssef Chahed, et de se présenter alors comme l’unique candidat crédible. La machine électorale d’Ennahdha et l’abstention due à l’absence d’un véritable présidentiable progressiste feront le reste.

Youssef Chahed n’a pas été désigné chef de gouvernement à la suite d’un mode opératoire exceptionnel comme celui par lequel Mehdi Jomaa est devenu, fin 2013, chef du gouvernement, avec l’engagement de ne pas se présenter aux élections à la suite de son mandat.
Youssef Chahed est un chef de gouvernement qui, comme dans tous les pays démocratiques, est libre de sa carrière politique. Il n’a pas à subir les désidératas de quiconque et encore moins de ceux qui ont ruiné le pays et dont l’ambition pour la Tunisie ne dépasse pas la gloriole du Palais de Carthage.

L’actuel chef de gouvernement est le seul, depuis 2011, a avoir, malgré les énormes difficultés dont il a héritées, mis en place un plan et commencé son exécution en nettoyant le pays de sa mafia. Il est bien mieux placé que quiconque pour présenter au peuple son ambition. C’est aux Tunisiens, et non à Rached Ghannouchi, de faire leur choix. Et d’ici là, le meilleur à faire est de le laisser poursuivre sa mission à la tête du gouvernement.

Commentaires