Suite au refus du Président de la République de promulguer une nouvelle loi électorale fondamentalement anticonstitutionnelle destinée à exclure les candidats les mieux placés dans les sondages, Tahya Tounes, le parti du chef du gouvernement a tenu dimanche 21 juillet une réunion pour tenter de discréditer la Présidence de la République. Voici (en gras) les commentaires de notre rédaction sur les paragraphes du communiqué de Tahya Tounes.

Tahya Tounes :
La non promulgation de la nouvelle loi dûment votée par les députés et adoptée par l’instance de vérification de la constitutionnalité des lois est anticonstitutionnelle et représente une grave première qui risque de mettre en péril tout le processus de la transition démocratique.

La Nation :
Le Président de la République a surtout, par la non promulgation de cette loi, voulu éviter l’application d’une loi anticonstitutionnelle pour, précisément, protéger le processus de transition démocratique que cette loi allait détruire en fermant l’accès aux élections aux concurrents de la majorité actuelle.

Tahya Tounes :
Le bureau annonce son étonnement devant le dysfonctionnement évident de l’institution de la présidence de la République, surtout, quand le fils du président s’adjuge le rôle de porte- parole de l’institution.

La Nation :
Ceci n’est pas un dysfonctionnement puisque la Promulgation est du ressort du Président. La 5e république française a connu plusieurs fois la même chose et la doctrine discute encore de la non promulgation des lois. Sans oublier que si le Président de la République refuse de promulguer une loi anticonstitutionnelle, c’est précisément pour défendre la Constitution.
Concernant l’intervention de son fils, c’est sans intérêt, d’autant plus que les deux principaux responsables de Tahya Tounes sont eux aussi de la famille du président, c’est par ailleurs, comme pour Hafedh Caïd Essebsi, leur unique légitimité.

Tahya Tounes :
Le parti affirme qu’il a validé les ratifications amenées à la loi électorale dans son soucis d’éviter les vides juridiques qui permettraient aux évadés fiscaux et aux contrevenants des lois régissant les partis, de pouvoir se présenter aux élections et d’en fausser le jeu et qu’il n’a jamais visé l’exclusion de qui que ce soit.

La Nation :
Si ce paragraphe disait vrai, les ratifications auraient été faites dans les délais communs, c’est à dire au moins une année avant les élections, comme cela se fait dans tous les pays démocratiques. Et si les délits étaient réels, Tahya Tounes et Ennahdha n’auraient pas eu besoin d’une loi pour écarter leurs concurrents. La Justice aurait suffi.

Tahya Tounes :
Le bureau politique du parti appelle les autres partis à se réunir de façon urgente pour discuter des mesures à prendre, de façon unanime afin de défendre la cConstitution. Il a appelé son bloc parlementaire à coordonner avec  les autres blocs, afin de chercher une issue à cette situation et défendre leur institution.

La Nation :
« Discuter les mesures à prendre »? La Constitution prévoit toutes les mesures à prendre, et celles concernant la non promulgation n’y figurent pas. Ceci devrait être donc du ressort de la Cour Constitutionnelle, or le refus, par les partis, de créer la Cour Constitutionnelle leur a enlevé toute possibilité d’interpréter la Constitution et ce ne sont pas des réunions avec des mesures prises « à l’unanimité » qui pourraient remplacer la Constitution.

Tahya Tounes :
Le parti appelle ses adhérents et partisans à se préparer comme il se doit aux prochaines échéances électorales.

La Nation :
Rien à signaler

Tahya Tounes :
Le bureau politique annonce, par ailleurs, qu’il maintient sa présente réunion ouverte pour suivre l’évolution de la situation et des évènements.

La Nation :
Rien à signaler

 

La rédaction

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