“Les chemins de la lumière” de Mme Turkia Labidi Ben Yahia

Platon reçoit chez lui Augustin, Avicenne et Maïmonide !

Polythéisme, judaïsme, christianisme et islam se rencontrent dans ce texte plein de délicatesse où Mme Turkia Labidi Ben Yahia use d’anachronismes pour nous dévoiler les discours et les dialogues des grands génies de l’Humanité et mettre à nu ces questions qui, aujourd’hui encore, bouleversent notre monde.

Extrait :

« La mesure d’aimer Dieu est de l’aimer sans mesure »

Saint Augustin

« Moi, Aurelius Augustinus, je suis né à Thagaste en Numidie, le 13 novembre 354. Je suis philosophe et théologien amazigh, mais de culture latine. Je suis issu d’une famille modeste de petits propriétaires fonciers ; mon père, Patricius, était païen alors que ma mère, Monique, était chrétienne. Une parfaite communion d’idées nous réunissait, ma mère et moi ; alors qu’avec mon père aucune complicité ne nous liait !

« Je suis donc Berbère, né et élevé dans une Afrique romanisée et christianisée. De catéchumène, dans l’Eglise catholique (ma mère retarda mon baptême pour une raison connue d’elle seule), je fus dirigé vers des études fondées essentiellement sur la grammaire à Thagaste même. Mes études secondaires je les consacrai aux arts libéraux à Madaure où, sur les pas d’Apulée, je commençai à m’intéresser à la littérature et à la philosophie.

« Enfin, en 370, sur insistance de ma famille, je me rendis à Carthage pour étudier la rhétorique, bien que j’aie envisagé, un temps, de devenir avocat. Ainsi, on décidait pour moi, et ce « on » ne pouvait désigner que ma mère, Monique, car j’étais peu porté pour l’étude et détestais d’y être contraint. Je ressentais également une aversion particulière pour le grec que l’on me forçait d’apprendre. Et si je me montrais paresseux à l’école je recevais des coups !

« Dès mon jeune âge, je baignai dans la langue berbère de Numidie, celle de mes parents, belle langue aux intonations graves et au timbre chaud, puis, je me passionnai pour le latin. Les textes classiques m’attiraient plus que tout, de Virgile à Cicéron, de l’Enéide à l’Hortensius, puis je découvris vos œuvres, Platon, que je lus en version latine, et vous êtes devenu, depuis, mon auteur grec préféré. Après, dans votre sillage, je me suis laissé séduire par le néoplatonisme de Plotin.

« Seule la Bible ne m’intéressait pas.

« Mais la lecture de l’Hortensius de Cicéron allait jouer un rôle déterminant dans ma vie, car c’est en lui que je trouvai la sagesse, et c’est en aimant la sagesse que je trouvai Dieu. »

A ce moment, Augustin se penche sur son livre Les Confessions ouvert devant lui et lit ce passage marqué au crayon rouge :

« Ce livre me toucha de telle sorte qu’il changea mes affections vers vous, Seigneur, tourna mes prières… je brûlais d’un désir incroyable d’acquérir cette sagesse immortelle et j’avais déjà commencé à me lever afin de retourner à vous… car c’est en vous que se trouve la sagesse… ».

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