L’affaire Weinstein a éclaboussé, par ricochet, l’islamologue Tarek Ramadhan, qu’une ancienne salafiste devenue écrivaine accuse de l’avoir violée en 2012.

«J’ai gardé le silence depuis plusieurs années par peur des représailles». C’est par ces mots que l’écrivaine franco-tunisienne Henda Ayari a justifié son réquisitoire publié aujourd’hui sur Facebook contre l’islamologue Tariq Ramadan, qu’elle accuse de l’avoir violée et contre lequel elle a porté plainte auprès du parquet de Rouen.

Ancienne salafiste devenue écrivaine et présidente de l’association «Libératrices», Henda Ayari, 40 ans, avait raconté dans son livre « J’ai choisi d’être libre », publié en 2016, avoir été abusée sexuellement par un intellectuel musulman, qu’elle avait appelé «Zoubeyr». «Il suffit de savoir qu’il a très largement profité de ma faiblesse», avait-elle écrit alors, refusant de donner des détails sur les sévices qu’elle avait subis mais précisant tout de même avoir été «menacée», «giflée» et «violentée» alors qu’elle lui criait d’arrêter.

l’écrivaine Henda Ayari

«Zoubeyr, c’est bien Tariq Ramadan», a-t-elle finalement révélé le 20 octobre, levant ainsi le mystère sur cette agression qu’elle impute à l’islamologue suisse d’origine égyptienne et qui remonteraient à 2012, en marge d’un congrès de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF, devenue depuis 2017 «Les musulmans»), proche de l’organisation islamiste des «Frères musulmans».

Affirmant avoir «ressenti le besoin de parler aussi pour toutes les autres victimes» s’étant manifestées dans le sillage de l’affaire Weinstein, l’écrivain se dit aujourd’hui «soulagée» d’avoir prononcé le nom de celui contre lequel elle a désormais porté plainte pour des faits criminels de «viol, agressions sexuelles, violences volontaires, harcèlement, intimidation», selon les documents consultés par l’AFP.

Mise à jour du 26/10/2017

Selon Le Parisien, la plaignante a expliqué aux enquêteurs du SRPJ de Rouen avoir pris contact avec Tariq Ramadan via Facebook, à une période où elle était en délicatesse avec son mari. L’islamologue aurait ensuite pris l’initiative de converser avec elle sur l’application Skype.

Selon elle, les conversations se seraient bornées à des conseils religieux de la part du théologien. Jusqu’à ce que ce dernier lui fixe un rendez-vous dans un hôtel de l’est parisien. Là, Tariq Ramadan aurait demandé à Henda Ayari de monter dans sa suite, prétextant qu’il y avait trop de monde dans le hall de l’hôtel pour avoir un échange fructueux.

En confiance, l’ex-salafiste aurait alors retrouvé l’islamologue dans sa chambre. A peine arrivée, Tariq Ramadan aurait «sauté» sur sa visiteuse et l’aurait violée. Prostrée et en larmes sur le lit, la jeune femme aurait alors été traitée de «petite fille» par le théologien, qui lui aurait proposé une somme d’argent pour prendre un taxi.

«Insultée, giflée et violentée»

Par la suite, Henda Ayari se serait épanchée sur sa mésaventure auprès de quelques fidèles dans l’entourage du théologien et aurait été menacée par Tariq Ramadan. Des écrits que la victime présumée aurait conservés et fournis aux enquêteurs. Contacté ce mercredi matin, l’avocat de Tariq Ramadan n’a pas souhaité faire de commentaire à ce stade.

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