« Le patriotisme est la source du sacrifice, par cette seule raison qu’il ne compte sur aucune reconnaissance quand il fait son devoir. »

Louis Kossuth

 

Quand le glas de la Tunisie a commencé à sonner en 2011, des hommes et des femmes de tous bords, tout azimuts, envers et contre tous, saisis par la trouille d’une perte irrévocable du pays, de l’écroulement définitif, ont répondu présents à L’ Appel de la Tunisie et ont crée un parti qui répondait au même nom.

Des pionniers, des vétérans, des Mohicans, des ténors et des samouraïs toutes appartenances confondues, toutes appartenances oubliées. Des rescapés de l’ancien régime, des hommes de gauche, des syndicalistes, des indépendants, des progressistes, des académiciens, des figures de l’intelligentsia nationale et de la diaspora. Une mosaïque bien de chez nous, Tuniso -Tunisienne, se sont rassemblés le temps de redresser la balance, le pays et modèle sociétal avec. Le temps de sauver la Tunisie accablée, à genoux.

Le temps de remettre les pendules à l heure du XXIe siècle.

Poussés par le danger imminent qui guette le pays secoué par des assassinats politiques, par les liquidations sommaires, par les lynchages et les nouveaux paysages de peur et d horreur, par les menaces au quotidien, par des scènes absurdes, apocalyptiques, inédites jamais vécues par ce peuple, par les intimidations, les agressions, les passages à tabac, les violences qui touchaient aussi bien les citoyens que les institutions. Animés par un patriotisme intrinsèque, fondamental désintéressé, pur et dur pour forcer le destin et réussir la transition et s’ en sortir gagnants.

Ces hommes et ces femmes ont décidé de s’agripper à la terre mère, de se serrer les coudes, de resserrer les rangs, de s’accrocher becs et ongles, de ne pas lâcher la patrie. C’est qu’ ils n’en connaissaient pas d’autre,c’ est qu’ils n’en avaient pas d’autre.

Et vous savez quoi ?
Ils ont réussi !
Ils ont gagné et nous avec !
Ils ont déclenché un raz de marais, menés par un vieil as de la politique, portés par des Tunisiennes pleines de détermination.

Mais que s’est il passé depuis ?
Que nous est-il arrivé ?
Pourquoi ce sentiment d inachevé, ou d’achevés ?
C’est selon…
Pourquoi cette fin en queue de poisson ?
Pourquoi en sommes nous arrivés là ?
A qui la faute ?
Et à qui profite ce crime de lèse patrie ?

Pourquoi ce sentiment latent d’ avoir été lâchés sinon leurrés par ces personnes ?

J’ACCUSE :
J’ accuse la classe politique de nombrilisme, d’égoïsme pathologique.

J’accuse les chefs des partis, qui se veulent progressistes, du syndrome du leadership compulsif et de troubles obsessionnels de commandement.

Je les accuse d’avoir précipité l’ implosion du seul parti viable et fédérateur et d’aller vers le Big Bang, la tète la première.

J’accuse chaque membre fondateur de ces partis ne pas avoir bataillé, combattu jusqu’au dernier souffle, de ne pas avoir résisté.

J’accuse tous les politiciens, militants de « la première heure » de s’ être intérieurement auto-proclamées héritier du trône, caressant secrètement l’éternel rêve du chef suprême!

Je les accuse tous d’avoir lâché un pays à la dérive.

Je vous accuse d’être partis en guerre sans être de vrais guerriers.

Je les accuse de nous avoir vendu du vent.
Je les accuse de nous avoir menti.
Je les accuse de non assistance à un pays, un peuple, une histoire, une civilisation en danger.

Vous avez succombé à la tentation de la belle dame sans merci. Éméchés par le pouvoir, aveuglés par l’ambition personnelle dévorante, vous avez décidé de faire cavaliers seuls, oubliant que vous avez pris chacun de votre coté, collés au sabots de vos attelages les membres d’ une Tunisie déchiquetée.

J’ACCUSE les leaders de gauche de puritanisme politique, de pudibonderie et de rigorisme affligeants. Je les accuse de myopie politique, d’ incapacité de déceler les vrais enjeux et de décider des priorités. C’est que khalti Mbarka doit avant tout rester en vie pour pouvoir voir son couffin rempli.

Je les ACCUSE de toujours choisir la facilité de ne pas s’impliquer et de s’offrir le luxe de pointer les autres du doigt. S’indigner et dénoncer sont toujours confortables. Ne pas mettre la main à la pâte, ne jamais prendre une tache sur la chemise, au col Mao, immaculée.
Les saintes ni-touche, les effarouchées de la politique n’ont jamais rien apporté à l’arène sauf leur frilosité.

J’ACCUSE les parlementaires de tous les maux de la terre Tunisie. De médiocrité, d ignorance, de petitesse et de prises de position partisane ridicule. Je les accuse de toucher le fond et de continuer le forage avec cœur et talent.

J’ ACCUSE les conseillers de la table honte qui gravitent autour du président de ne porter ni conseils ni réveil et de n’avoir pour objectif que de rester dans la sphère du vieux lion pour grignoter ce qui leur tombe sous la dent.

Je vous ACCUSE d’avoir été mauvais en tout jusqu’à dans le copiage et le plagiat. Regardez un peu l’ application et l’engagement de vos adversaire. Incapables comme vous êtes de retenir les leçons de l histoire, vous êtes tout aussi incapables de regarder autour de vous.

Vous vous êtes livrés aux intrigues du palais, aux messes basses, aux combines et aux complots, au mépris des souffrances quotidiennes des petites gens.

Vous êtes dans une sorte d’ autisme, d ‘abrutissement et de fuite vers l’avant. Le gouffre est à deux pas !

Je ne vais pas accuser le chef du gouvernement. Il s’est accusé lui même et de la pire des manières, expéditivement, réflexivement, avec de la réflexivité, sans réflexion.

Je ne vais pas accuser le président. Je l ai déjà fait auparavant.

Il sait tout et devine le reste !

J’ACCUSE le peuple, ces femmes et ces hommes de la Tunisie profonde, ceux qui galèrent pour joindre les deux bouts, pour pouvoir envoyer leurs gamins à l’école, pour pouvoir les nourrir et les soigner, d avoir été crédules et confiants.

Je m’ACCUSE moi même d’avoir mis tout ce temps pour accuser !

Quand le glas final sonnera, ne venez pas nous sortir la fameuse « je vous ai compris  » Gaulliste reprise par un autre coincé, rattrapé par l’autosuffisance, car à ce moment là nous vous sortirons: « Trop peu, trop tard « …
D’ici là dormez bien, 2019 : c’est demain !

 

Par Thouraya Abdelwahed
Enseignante

 

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