Pendant le mois de Ramadan, les actions humanitaires se multiplient et les Tunisiens extériorisent leur sens de l’entraide et de la charité. Le travail de l’association « Un repas pour chaque tunisien » (URPCT) s’inscrit dans ce cadre, mais avec des dimensions particulières.

Nous étions les invités de l’URPCT, pour un « Iftar » à la Mnihla, où l’association a mis en place un centre pour servir le diner aux personnes démunies.

Au début, nous avions beaucoup de réserves sur l’action elle-même. D’ailleurs, il est difficile pour un Tunisien de sortir de chez lui pour aller à un diner offert par une association de charité. Cela pourrait heurter son égo.

À notre arrivée, nous avons vite oublié nos préjugés. L’ambiance ne ressemble en aucun cas à une opération caritative. L’ambiance est festive et les convives mangent, et partagent, dans un bon esprit, l’ambiance ramadanesque.

Avant, l’Iftar, tout monde participe à la mise en place des tables. Sur instruction des adultes, les plus jeunes distribuent à chaque table les pastèques et les bouteilles d’eau. L’association a recruté, dans le quartier même, des cuisiniers pour préparer le repas à leurs familles et leurs voisins. Une télévision a été installée pour diffuser le Coran et l’appel à la prière comme cela se fait dans la majorité des maisons tunisiennes.

Pendant le diner, organisateurs et convives mangent ensemble, on ne distingue plus bénéficiaires et donateurs.

Nous avons aussi constaté que des liens d’amitié et de confiance se sont tissés entre les membres de l’association et les habitants du quartier. La relation ne se limite plus à l’Iftar. Les citoyens habitant dans le quartier attendent l’arrivée des membres de l’association pour faire part de leurs soucis et de leurs problèmes. Ils demandent conseil concernant l’hygiène et l’éducation de leurs enfants. Ils les attendent parfois pour bavarder dans une ambiance conviviale.

Une des responsables de l’association nous a confié qu’en 2014, quand l’URPCT a entamé son action, les gens ne venaient pas nombreux pour manger. Bien qu’ils étaient dans le besoin, ils étaient réticents : ils ne voulaient pas servir de faire-valoir à des organisations qui avaient des arrières pensées idéologiques ou politiques. Au début, seuls les enfants venaient puis, petit à petit, les mamans les ont rejoints, suivis enfin par les hommes.

Les gens ont fini par réaliser que la solidarité était cette fois naturelle, sans contre-partie, sans arrières pensées. Il s’agit simplement de partager.

 

Pour plus de détails sur l’association : URPCT, le cœur et la raison

 

 

 

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