A dix-sept ans, Augustin se rend à Carthage pour étudier la rhétorique. Il découvre une ville où règnent la débauche et la recherche effrénée de la jouissance. Il s’y plonge avec plaisir, et rencontre la femme avec laquelle il vivra pendant quinze ans en concubinage.

Saint Augustin (354 – 430 ap. J.-C.) est un philosophe chrétien de l’Antiquité tardive, né en Algérie. Il est l’un des quatre Pères de l’Eglise d’Occident. Après une jeunesse dissipée, qu’il raconte dans les Confessions, il s’intéresse au problème du mal. D’abord séduit par le manichéisme, il se convertit au christianisme et devient évêque d’Hippone. Il rédige la Cité de Dieu, l’ouvrage le plus reproduit par les copistes du Moyen Age. Il est canonisé en 1298 par le pape Boniface VIII.

Saint Augustin par Sandro Botticelli

 

Une enfance agitée

Augustin naît en novembre 354 ap. J.-C., dans une famille berbère romanisée de Thagaste, une colonie romaine de l’actuel territoire tuniso-algérien.

Le père, petit propriétaire terrien, adhère fermement au polythéisme romain, par contre sa mère, Monique, est une fervente chrétienne. Elle sera d’ailleurs béatifiée par l’Eglise, sous le nom de Sainte Monique.

Augustin, tiraillé entre ces deux influences, est néanmoins élevé dans la religion maternelle. Elève doué, mais indiscipliné, il commet de menus larcins.

A Carthage : le plaisir

A dix-sept ans, il se rend à Carthage pour étudier la rhétorique. Il découvre une ville où règnent la débauche et la recherche effrénée de la jouissance. Il s’y plonge avec plaisir, et rencontre la femme avec laquelle il vivra pendant quinze ans en concubinage. De cette union naît un fils, Adéodat.

Néanmoins durant tout ce temps, il reste agité par une grande curiosité intellectuelle et une inquiétude psychologique qui l’amènent à se lancer dans une longue quête de la vérité.

Ainsi il se procure un livre de Cicéron, l’Hortensius, qui éveille en lui un vif intérêt pour la philosophie.

Il s’intéresse également au manichéisme, doctrine à laquelle il adhère pendant neuf ans. Cette religion orientale, aujourd’hui quasiment éteinte, professe un dualisme radical entre le Bien et le mal, la Lumière et les Ténèbres.

Il envisage, après un bref retour à Thagaste, de partir pour Rome, s’appuyant sur les relations qu’il s’est créé à Carthage.

A Milan : l’opportunisme puis la conversion

De Rome, il gagne Milan où il enseigne la rhétorique. Il commence à réussir et s’en réjouit : ambitieux, il court après la richesse et les honneurs. Il répudie sa compagne de seize ans, ce qui lui déchire le coeur, pour préparer un mariage qui puisse accélérer sa carrière.

Mais en même temps, il fréquente à Milan des cercles platoniciens, et surtout assiste aux homélies de l’évêque Ambroise, qui l’amènent, sinon à se convertir au christianisme, du moins à se détourner définitivement du manichéisme.

Ses amis vont jouer un rôle important dans son itinéraire spirituel : c’est en les entendant relater la conversion de certains de leurs proches qu’Augustin, bouleversé, décide de se convertir à son tour.

Il abandonne l’enseignement de la rhétorique et part en retraite spirituelle dans la villa d’un ami. Pendant un an, il rédige certains ouvrages comme Contre les Académiciensles Soliloques, le Traité de la vie bienheureuse.

Il est enfin baptisé dans la nuit pascale du 24 au 25 avril 387, avec son fils, à la grande joie de sa mère, dont c’était le vœu le plus cher.

A Hippone : la charge d’évêque

Mosaïque d’époque représentant Saint Augustin

Peu de temps après, il repart pour Thagaste, sa ville natale, et vit quelques années dans une communauté spirituelle qu’il a lui-même fondée, unie autour de la foi chrétienne.

En 391, il succède à l’évêque de la région, Valère. Devenu évêque d’Hippone, il entre dans une phase d’intense activité intellectuelle, et rédige les Confessions, son ouvrage le plus connu, ainsi que la Cité de Dieu, ou de la Trinité.

Augustin meurt le 28 août 430 lors du siège de la ville par le Vandale Genséric venu de Carthage. Sa fin coïncide avec les derniers jours de l’Empire romain d’Occident.

Genseric Sac de Rome en 455 Karl Briullov Tretyakov Gallery, Moscou

Près de 900 ans plus tard, il est canonisé par l’Eglise catholique, et considéré comme l’un des docteurs de l’Eglise. C’est également l’un des Pères de l’Eglise, incontestablement le plus fascinant.

 

(Source)

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