Des rumeurs jetées ça et là par les médias moyen-orientaux ont mis la Tunisie au centre de la polémique entre les chiites et les wahhabites.

À la suite d’une rencontre au Palais de Carthage entre le président de la République Béji Caïd Essebsi et le ministre iranien de la Culture et de l’Orientation religieuse, Réda Salhi Amiri, certains médias ont relayé l’information selon laquelle le président tunisien avait déclaré que Téhéran était le garant de la sécurité du monde islamique face à Israël.

Cette information, probablement vraie, car on ne voit pas pourquoi le ministre iranien mentirait, a cependant été démentie par le porte-parole officiel de la présidence de la République M. Ridha Bouguezzi.

Jusque-là, tout apparait normal, sauf que des milliers d’internautes et des médias saoudiens ont relayé ce démenti tout en lançant le hashtag #تونس_تصفع_ايران : La Tunisie gifle l’Iran.

Sur Twitter, les internautes se sont acharnés contre l’Iran en publiant des posts dénigrant la secte chiite et la montée de l’influence séfévide dans la région. Certains internautes tunisiens ont aussi mis la main à la pâte en publiant des vidéos montrant l’ex-ministre des Affaires religieuses, Noureddine Khademi, l’expert dans les mouvements islamiques, Mazen Cherif et le chef du parti Al Mahabba, Hechmi Hamdi, illustrant les dangers chiites tout en indiquant que la Tunisie avait été le premier pays arabe a faire face contre cette montée séfévide et chiite.

 

Excités par cette polémique, certains serviteurs wahhabites n’ont pas raté l’occasion pour marquer des points en rappelant leurs coups de gueules dans les médias contre la secte chiite et les « Râfidhites ».

La Tunisie, portée aux nues par des médias et des internautes anti-chiite pour un démenti, ne doit pas tomber dans le piège de la partialité alors que la grande discorde entre les chiites et les sunnites ne la concerne pas. L’Iran est un partenaire de choix pour une Tunisie démocratique qui, constitutionnellement du moins, a de loin dépassé ce conflit larvé en admettant la liberté de conscience. La Tunisie serait d’ailleurs mal inspirée de prendre partie car son histoire chiite est particulièrement riche, en effet, Mahdia, au Xe siècle, fut la capitale du plus grand empire jamais conquis par les chiites et qui s’étendait du Maroc au Moyen-Orient.

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