Dans l’après midi de dimanche 6 mai 2018, alors que Nidaa apprend ses résultats catastrophiques, Hafedh Caïd Essebsi monte au créneau et publie (en infraction absolue avec la loi électorale) une séquence vidéo appelant les Tunisiens à « voter pour Nidaa parce que le projet sociétal tunisien est en danger », le danger étant Ennahdha. Or au lendemain de cet appel, Nida commence à signer de nouveaux accords avec Ennahdha.

« Le projet sociétal en danger » signifie que les islamistes sont sur le point de remporter une victoire écrasante. Ce qui se révèlera faux puisque les Indépendants sont devant les islamistes. Il s’agit donc, tout simplement, d’un appel au secours que beaucoup de Tunisiens, aveuglés par leur crainte pour leur pays, ont suivi, puisque sms, statuts et appels téléphoniques catastrophés s’enchaînèrent pour pousser les Tunisiens à aller voter ou encore à changer leur intention de vote.

Sauf que dès lundi, les Nidéens ont commencer à signer des accords avec Ennahdha pour couper l’herbe sous le pied des Indépendants.

Nida ne réalise pas qu’il joue là sa survie. Après avoir perdu les 3/4 de son électorat; après avoir manipulé les médias pour se présenter comme le « second » aux élections alors qu’il n’est que 3e, grâce à l’appel au secours de Hafedh Caïd Essebsi.

L’ultime trahison

Alors que dans l’écrasante majorité des municipalités, l’addition Indépendants + Nidaa + partis progressistes permettrait de gagner l’essentiel des mairies, Nida préfère entretenir son alliance avec Ennahdha qui est justement à l’opposé du projet sociétal que Hafedh Caïd Essebsi appelle à défendre.

Le mensonge politique – ajouté à la manipulation médiatique, la corruption et l’incompétence généralisées – est en train de pousser la Tunisie vers le néant, mais les Tunisiens ont su, à travers leur soutien massif aux listes indépendantes, sauvegarder l’essentiel, et ce, malgré des moyens infinitésimaux devant les grosses machines partisanes.

 

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