Par Abdelaziz Belkhodja

Tout le monde connait l’extraordinaire théorie du big bang qui décrit l’univers comme issu d’une dilatation rapide suite à l’explosion d’un atome originel.

Imaginer la même chose pour une économie serait l’idéal, une mesure économique  majeure qui entraînerait une expansion de l’économie qui permettrait à un pays de sortir de sa crise!

Voici une idée qui a cette ambition. Avant de la proposer, elle a été soumise à des économistes qui l’ont considérée comme réalisable. Au lecteur de juger.

 

Relancer l’économie tunisienne en quelques mois, sans aucun recours au crédit ni au déficit du budget? Est-ce possible?

Le titre de cet article pourrait provoquer la répulsion des économistes et des financiers, car eux savent que les plans de relance, qu’ils soient d’investissement par le déficit, de régulation ou de rigueur, mettent des années avant de produire leurs effets avec toutes les conséquences négatives que nous connaissons.
Mais la procédure que nous préconisons n’a rien à voir avec ces plans d’école. Il s’agit, dans le cadre d’un «big bang économique » d’investir sans fonds, de réguler sans interférer, d’agir dans le sens de « l’économie naturelle » tout en renflouant, de façon très substantielle mais sans recourir à aucun appel de fonds, nos institutions financières.
Ce « Big Bang économique » nécessite, pour créer la dynamique positive, deux éléments essentiels :
1 – Des mégaprojets qui ne coûtent rien, mais immédiatement rentables et qui formeront un apport en nature particulièrement substantiel dans une opération d’augmentation de capital des banques de développement.
2 – Un important effet d’annonce susceptible de créer la confiance et la dynamique.

Faire des valeurs-refuge un élément de relance de l’économie

Il est clairement établi qu’en période de crise politique et de récession économique, les investissements vont vers les valeurs refuge, principalement l’immobilier, investissement aux risques très limités. Le problème de ces investissements-refuge est qu’ils gèlent une grande partie des fonds nécessaires à l’investissement et à la relance de l’emploi.
Comment faire en sorte que ce réflexe économique naturel devienne salvateur pour l’économie nationale? Telle est la question que le «big bang économique » peut résoudre.
Le plan présenté ci-dessous touche directement certains secteurs mais touchera indirectement tous les autres secteurs économiques tout en recréant les conditions de la confiance et donc de l’investissement et de la relance. Et ce, dans un temps record, si ce n’est dans le mois du lancement de ce plan.
Il s’agit d’une sorte de «big bang économique » qui, à une vitesse grand V atteindra tout le pays.
Ce « big bang économique » se base sur une augmentation de capital « en nature » des banques publiques (BNA – STB – BH) de 3,5 milliards de dinars par lesquels elles pourront lancer un plan de développement rapide pouvant lui même générer une relance exponentielle de tous les secteurs. Comment ?

Trois giga-projets de 3,5 milliards de dinars actuellement dormants

C’est immédiatement et à partir de grands projets sur le Grand-Tunis qu’aura lieu l’augmentation de capital des 3,5 milliards de dinars.
En clair, il s’agit d’affecter aux trois banques nationales de développement (STB, BH, BNA réunies dans une super structure ad-hoc) trois méga terrains, à commencer par celui de Tunis Sud (que l’Etat se doit de récupérer puisqu’il l’a affecté sans aucune contrepartie à Sama Dubai qui n’en a strictement rien fait) puis celui de Sebkhet Ariana et enfin celui de Sebkhet Sijoumi.
Ces trois terrains représentent
en superficie utile et en valeur :
A- Sebkhet Ariana: 6km X 3km = 18 millions de m2, ce qui, selon une estimation très basse de 100d le m2, représente 1,8 milliard de dinars.
B- Lac Sud – ancien Sama Dubai Tunis – 8 millions de m2, ce qui, selon une estimation très basse de 100d le m2, représente 0,8 milliards de dinars.
C- Sebkhet Sijoumi : 6km X3km = 18 millions m2, ce qui, selon une estimation très basse de 50d le m2, représente 0,9 milliards de dinars.
Le tout représente donc à peu près 3,5 milliards de dinars qui sont actuellement « dormants ».
Ces trois terrains seront donc affectés à une superstructure bancaire ad hoc qui chapeautera juridiquement et techniquement les projets de construction selon des procédures (anti spéculation) fiables déjà en vigueur à l’AFH (ou encore à l’AFT) en les distribuant aux entrepreneurs tunisiens.
Pour faciliter l’exécution des projets, la superstructure ad hoc doit comprendre des décideurs et techniciens de toutes les administrations concernées (Banques, AFH, AFT, Equipement, Domaines de l’Etat, Economie, Finance, etc…) pour que les problèmes administratifs qu’une telle structure ne manquera pas de développer, soient dépassés dans l’intérêt de la nation.
Cette structure ad hoc suivra la procédure suivante :
1 Un plan général d’urbanisation et de grands travaux (les deux premiers plans d’aménagement – Lac Sud et Sebkhet Ariana – sont déjà établis, pour les deux derniers il faut aussi des plans d’assèchement en partie des sebkhas*)
2 Un plan général de communication (à sous-traiter avec les agences privées) pour la promotion générale des projets, et ce, avant la commercialisation par les entrepreneurs qui lanceront plus tard leurs propres campagnes de communication à leurs frais. Ce premier effet d’annonce est très important car c’est par là que sera créée la confiance et la relance.
3 Un plan général de gestion par la vente de parcelles, selon la destination établie par les urbanistes, à des entrepreneurs – avec cahier des charges garanti par l’Etat.
4 En même temps, la structure doit identifier des zones équivalentes sur le tout le territoire de la République et lancer des projets équivalents pour que les autres régions ne soient pas en reste.
Cette création immédiate de richesses (selon l’évaluation des trois terrains) renflouera les banques nationales. En effet, cette affectation directe les enrichira immédiatement par voie d’augmentation de capital et cette augmentation, particulièrement forte puisqu’elle consiste en 3500 millions de dinars, solidifiera immédiatement les bilans de ces banques et provoquera une hausse immédiate de leur valeur.

Le rôle retrouvé des banques de développements.

Un pareil projet pourrait ramener, s’il est généralisé aux grandes villes et s’il est exécuté sérieusement, plus de 10 milliards de dinars d’argent frais, ce qui permettra aux banques de financer l’économie à hauteur de 50 milliards de dinars. Cette santé retrouvée de nos banques de développement, devenues depuis quelques décennies de mauvaises banques commerciales, leur permettra d’abord de retrouver leur rôle de régulateur et de financer, outre les secteurs délaissés qui ont un besoin impérieux d’investissement, toute une nouvelle génération de promoteurs capables de mettre la Tunisie au diapason de l’économie numérique et des industries de demain. Depuis des décennies, que ce soit à L’ENIT, à l’INRAT ou dans d’autres écoles d’ingénieurs, des projets géniaux et prometteurs dorment dans des tiroirs poussiéreux.
Sur la base de ce plan, une véritable relance de l’économie est parfaitement réalisable et toute l’économie tunisienne pourra redémarrer en à peine quelques mois. Pour cela, deux exigences : croire aux idées et redonner confiance aux Tunisiens en procédant de façon efficace et honnête.

La balle est dans le camp des politiques.

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