Un agent saoudien a été aperçu dans les rues d’Istanbul le 2 octobre, juste après l’assassinat de Jamal Khashoggi. L’homme portait les vêtements du journaliste, révèle CNN. Cette information détruit la version donnée par l’Arabie Saoudite qui parle qu’un interrogatoire qui aurait mal tourné.

CNN a révélé que juste après la mort de Jamal Khashoggi au consulat de l’Arabie Saoudite à Istanbul, le 2 octobre dernier, un membre du commando de Riyad a été vu se baladant dans la ville turque, vêtu avec les mêmes affaires que le journaliste disparu.

Selon le renseignement turc il s’agirait en réalité de Mustafa al-Madani, un agent saoudien présent au consulat quelques heures avant l’arrivée de Jamal Khashoggi. Un peu après les faits, il est sorti dans la rue avec les habits du journaliste, ses lunettes de vue, ainsi qu’une fausse barbe. C’est sur cette base arrangée que l’Arabie Saoudite avait déclaré que Jamal Khashoggi avait bel et bien quitté le consulat, sain et sauf. Mais les chaussures ainsi que la chevelure ont trahi le sosie.

Dans la presse, Ankara a laissé fuiter que le journaliste avait été étranglé quelques minutes après son arrivée. Son corps aurait été ensuite découpé avec une scie, pas encore retrouvée pour le moment. « Nous sommes face à une situation qui a été sauvagement planifiée et des efforts conséquents ont été déployés pour dissimuler » cet assassinant, a déclaré la porte-parole de l’AKP, le parti turc au pouvoir.

L’Arabie saoudite a finalement déclaré samedi, que le journaliste avait été tué lors d’une bagarre dans le consulat qui aurait mal tourné. Des explications qui ne semblent pas suffire à la communauté internationale. Donald Trump a envoyé ce lundi 22 octobre la directrice de la CIA en Turquie afin de mener l’enquête.

Le monde arabe soutient l’Arabie Saoudite

Communiqués, interventions de politiques, voire même d’autorités religieuses, tout a été déployé ce week-end pour venir à la rescousse de Ryad. Tantôt pour légitimer les arrestations « courageuses et décisives » annoncées par les autorités saoudiennes, tantôt pour juger ces actions « conformes à la loi islamique », tantôt pour dénoncer une campagne de dénigrement et de chantage, ou des rumeurs colportées par des médias. Les plus zélés sont même allés jusqu’à saluer le sens de l’État de droit, de la justice et des valeurs qui animent le royaume saoudien, qui n’a pourtant cessé de changer de version. « On ne mord pas la main qui nous nourrit », résume un journaliste libanais, en soulignant que, même en occident, les contrats d’armement faramineux, la crainte de voir le baril de pétrole s’envoler et l’importance géostratégique de l’Arabie Saoudite font tergiverser les dirigeants.

L’exécutif tunisien, quant à lui, par la voix de son MAE, a soufflé le chaud et le froid : il a condamné l’assassinat du journaliste et dissident Khashoggi, mais a prévenu, en même temps de l’éventualité d’utiliser ce fait pour chercher à déstabiliser le Royaume d’Arabie Saoudite.

 

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