Dans une interview à plusieurs journaux européens, Emmanuel Macron déclare ne pas voir de « successeur légitime » à Bachar Al-Assad et avoir comme priorité la lutte contre les groupes « terroristes » et la stabilité du pays. Il s’agit d’une petite révolution dans la politique étrangère de la France.

Emmanuel Macron a une vision bien plus nuancée et réaliste que celle de son prédécesseur François Hollande sur la question syrienne.

« Le vrai aggiornamento que j’ai fait sur ce sujet, c’est que je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar Al-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime ! »

Emmanuel Macron fixe deux priorités. « Un : la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis. (…) Deux : la stabilité de la Syrie, car je ne veux pas d’un État failli ».

«  Si vous ne faites pas respecter les lignes rouges, vous décidez d’être faible  ».

Pour cela, il dit avoir « besoin de la coopération de tous », et « en particulier de la Russie ».

Sur la question des armes chimiques, là aussi le nouveau chef de l’État se distingue de François Hollande. « S’il est avéré que des armes chimiques sont utilisées sur le terrain et que nous savons en retracer la provenance », alors oui, la France pourra frapper seule « pour détruire les stocks d’armes chimiques identifiés ».

Avant de se justifier : « Quand vous fixez des lignes rouges, si vous ne savez pas les faire respecter, vous décidez d’être faible. Ce n’est pas mon choix », prévient-il. « Je l’ai dit très clairement à Vladimir Poutine, je serai intraitable sur ces sujets ».

En filigrane, la position du président Emmanuel Macron est identique à celle de Vladimir Poutine. Il s’agit d’une petite révolution diplomatique française car on se souvient de la gestion catastrophique de la question syrienne par le Quai d’Orsay dont le premier locataire, Laurent Fabius, avait déclaré à Marrakech en décembre 2012 : « le Front Al Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda) fait du bon boulot contre Al-Assad en Syrie ».

D’autre part, la précision faite par Emmanuel Macron sur la réaction à avoir par rapport à l’utilisation de gaz de combat de la part du régime syrien, indique que le nouveau président français n’est pas dupe des désinformations primaires éventées par les spécialistes mais montées en épingle par les va-t-en guerre.

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