Après les élections présidentielle et législative de 2014, tout le monde attendait les élections municipales. Plusieurs deadlines ont été fixées puis ignorées par les politiciens eux-mêmes et le débat a porté sur des questions accessoires : « Est ce que les forces de l’ordre et les militaires doivent voter ou pas ? Est ce que les élections municipales et les élections régionales doivent-être séparées ou se passer en même temps ? … » Beaucoup de polémiques prennent place dans l‘hémicycle de l’ARP à chaque fois que l’on aborde le sujet. Résultat : le mandat de 264 maires dont la plupart ont été nommés par Ennahdha est prorogé de facto.

Le ministre des Affaires locales et de l’Environnement, M. Riadh Mouakher a déclaré, lors du 6ème anniversaire de la révolution,  que le gouvernement ne peut retirer  le projet de loi organique relatif aux élections locales après sa présentation à l’ARP. Pour rappel, cette loi a été présentée quand M. Youssef Chahed, actuel chef du gouvernement, occupait le poste de Riadh Mouakher. A l’époque, il avait réussi sa mission de décentralisation en créant de nouvelles mairies afin que tous les Tunisiens soient rattachés aux services d’une localité. Trois millions ne l’étaient pas. Le nombre des municipalités s’élève depuis à 350, mais malgré les efforts prodigués, l’échéance électorale est restée bloquée dans les coulisses de l’Assemblée des représentants du peuple.

Pourquoi ce blocage ?

Le paysage politique dans le pays nous dévoile qu’aucun parti n’est prêt pour les élections municipales : les clans de Nidaa Tounes et les fissures dans la Choura d’Ennahdha, deux partis majoritaires sous la coupole de l’ARP, font obstacle. Les dirigeants des deux partis préfèrent gagner du temps pour pouvoir restructurer leurs formations.

Est-on en retard ?

Joint par La Nation, M. Moez Bouraoui, président de l’Association tunisienne pour l’intégrité et la démocratie des élections  (ATIDE), a déclaré : « Comme dans toute démocratie, les municipales doivent avoir lieu à mi-chemin du mandat présidentiel,  l’électeur aura ainsi plus de visibilité. »

M. Bouraoui a ajouté que le déroulement des municipales est beaucoup plus complexe que les législatives et la présidentielle, « on passe de 27 à 350 circonscriptions électorales », a-t-il précisé.

Aussi, les critères pour s’inscrire aux municipales ne sont pas les mêmes que celles des législatives « résidence dans la circonscription où on doit voter, certificat d’acquittement des impôts, etc…»

Pour sa part, M. Lassaad Ben Ahmed, chargé des médias à l’ISIE a déclaré que l’instance n’est pour rien dans le recul des échéances : « les lois relatives à ces élections ne sont pas prêtes. Il faut tout d’abord se mettre d’accord sur plusieurs points, notamment décider du mode de scrutin, or c’est le rôle de l’ARP », a-t-il rétorqué.

Le président de l’ATIDE a cependant considéré que l’ISIE aurait pu gagner du temps en mettant à jour la liste des électeurs. « Cela ne dépend pas des lois », a-t-il affirmé.

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