Ce texte montre comment l’image universellement connue de Didon, amoureuse tragique d’Énée, résulte d’une construction littéraire romaine imposée par Virgile, et non d’un héritage historique fiable. En s’appuyant sur les sources grecques anciennes, notamment Timée et Justin, l’auteur restitue la figure d’Élissa comme reine politique, stratège et fondatrice de Carthage, porteuse d’un destin radicalement différent de celui façonné par la propagande augustéenne.
L’histoire de Didon telle que nous la connaissons aujourd’hui est presque entièrement fondée sur une invention, née sous la plume de Virgile et imposée politiquement par l’empereur Auguste.
Or, cette version romaine n’a aucun fondement historique.
Pour comprendre cette manipulation, il faut distinguer deux récits, totalement opposés.
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Deux études génétiques majeures, publiées en 2016 et 2025, bouleversent l’image traditionnelle de Carthage. Loin d’être une colonie homogène issue des Phéniciens, la métropole punique apparaît comme un carrefour méditerranéen où Siciliens, Nord-Africains et Égéens partageaient une même culture, sans nécessaire unité biologique.
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Le serment d’Hannibal, prononcé alors qu’il n’était encore qu’un enfant, constitue moins l’expression d’une haine personnelle envers Rome qu’un engagement politique durable dicté par son père, Hamilcar Barca. Tel que le rapporte Polybe, il s’agissait de promettre de ne jamais être l’ami des Romains, formulation sobre qui contraste avec la version plus dramatique de Tite-Live. Cet écart entre les sources révèle comment un acte fondateur de fidélité à Carthage a progressivement été transformé, par la tradition romaine, en symbole d’une animosité irréductible.
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Ce texte montre comment Hannibal mobilise la figure d’Héraklès, héros grec et phénicien assimilé à Melqart, pour donner à son expédition contre Rome une dimension divine et héroïque. En se présentant comme l’héritier d’un civilisateur vainqueur de monstres et d’obstacles, Hannibal transforme sa campagne militaire en épopée légitimée par la mythologie, destinée à galvaniser ses troupes, séduire le monde grec et affaiblir symboliquement la prétention romaine à l’hégémonie.
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NOTE DE LECTURE “La perception de la religion punique dans la littérature latine” est une thèse doctorale rédigée par Mme Nadia Ben Ali Ghrandi . Ce travail se concentre sur la manière dont la religion des Carthaginois a été perçue et représentée dans la littérature romaine, en particulier en mettant en lumière la vision négative […]
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In this new English edition of Hannibal, the True History and the Deception of Zama, Abdelaziz Belkhodja offers a bold reinterpretation of ancient history in light of recent archaeological discoveries, particularly the dating of Carthage’s circular harbor. By closely examining the writings of Polybius and Livy, he exposes contradictions, manipulations, and ideological biases rooted in Rome’s rise to power. Sonya Chaabane’s translation seeks to convey this analysis with caution and objectivity, while acknowledging the emotional and intellectual complexity of such a sensitive historical subject.
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Ce texte met en lumière un Hannibal méconnu : homme d’État et réformateur. Élu suffète, il brise le pouvoir des oligarques, impose des mandats limités, dévoile les détournements de fonds et restaure les bases économiques et militaires de Carthage. Son départ vers l’Orient apparaît alors non comme une fuite, mais comme la poursuite stratégique d’un combat politique et géopolitique contre Rome.
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Au delà d'une désinformation destinée à contrer l'humiliation subie, c'est surtout la vision fédéraliste de Carthage, défendue avec vigueur par Hannibal, que Rome, à l'aube de sa domination sur le monde, se devait d'occulter car elle contenait les ferments d'une redoutable opposition à son impérialisme.












