« Plusieurs hauts responsables sécuritaires et politiques seront auditionnés sur l’affaire du recrutement des terroristes », a déclaré Mme Leila Chettaoui, présidente de la commission sur le recrutement des terroristes. Interview :

Selon quels critères avez-vous choisi les personnes à auditionner et qui sont-elles ?

Selon les données dont nous disposons, l’envoi des jeunes vers les foyers de tension a commencé vers la fin de l’année 2012. Ces jeunes se sont rendus dans les zones de combats par deux moyens : soit par la frontière tuniso-libyenne, soit par avion (aéroport Tunis-Carthage et celui de Sfax). Tous les responsables en cause devront parler devant les représentants du peuple. Il s’agit donc, à partir de cette date, de tous les chefs de gouvernements, des ministres de l’Intérieur, des ministres de la Justice, des directeurs de la Sureté nationale et d’autres personnalités politiques comme M. Mohamed Frikha, le patron de la compagnie Syphax Airlines.

La liste que vous venez d’évoquer comprend beaucoup de responsables d’Ennahdha, membre du GUN, comme beaucoup de membres de votre commission (7 membres), cela n’a-t-il pas d’impact sur la crédibilité de votre travail ?

Notre commission regroupe 22 députés dont 7 d’Ennahdha, 7 de Nidaa Tounes, 3 de Machrou Tounes Al Horra, 1 du Front Populaire, 1 du Groupe Démocrate, 1 de l’Union Patriotique Libre, 1 d’Afek Tounes et 1 députée indépendant. Nos décisions se font soit par consensus, soit par vote, selon les avis des membres. Quand il y a polémique, c’est le scrutin qui décide et là, certains députés sont obligés d’accepter les résultats. Exemple, les députés d’Ennahdha n’étaient pas d’accord pour que l’enquête soit focalisée sur la période du début de la gouvernance de la Troïka. Or, devant la décision de la majorité, ils ont cédé.

Quand est-ce que les auditions vont commencer et dans quelles conditions ?

Les travaux ont déjà commencé. Le premier auditionné est le ministre de l’Intérieur actuel. Il nous a donné l’état des lieux. Puis, la Commission va convoquer ses prédécesseurs. Concernant la date, la semaine prochaine sera la semaine des régions, selon le calendrier de l’ARP, puis les auditions vont reprendre. Elles seront publiques où à huis-clos selon le secret des données.

Si une personne s’avère impliquée, comment vous allez procéder  ? Est-ce qu’il y aura une levée d’immunité parlementaire pour certains ?

La différence entre notre travail en tant que parlementaire et la travail de la justice c’est que le nôtre vise à dévoiler la vérité au peuple tandis que le rôle de la justice est de faire appliquer la loi. Certains dossiers seront transférés au ministère public pour prendre les mesures nécessaires. Concernant la levée de l’immunité, il y a toute une procédure à suivre. Une fois, le dossier prêt, nous le communiquons au parquet et c’est le ministère de la Justice qui envoie une correspondance au Président du Parlement pour qu’il étudie le sujet avec la Commission de l’immunité, du règlement intérieur et des lois parlementaires.

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