Le serment d’Hannibal, prononcé alors qu’il n’était encore qu’un enfant, constitue moins l’expression d’une haine personnelle envers Rome qu’un engagement politique durable dicté par son père, Hamilcar Barca. Tel que le rapporte Polybe, il s’agissait de promettre de ne jamais être l’ami des Romains, formulation sobre qui contraste avec la version plus dramatique de Tite-Live. Cet écart entre les sources révèle comment un acte fondateur de fidélité à Carthage a progressivement été transformé, par la tradition romaine, en symbole d’une animosité irréductible.
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Ce texte met en lumière un Hannibal méconnu : homme d’État et réformateur. Élu suffète, il brise le pouvoir des oligarques, impose des mandats limités, dévoile les détournements de fonds et restaure les bases économiques et militaires de Carthage. Son départ vers l’Orient apparaît alors non comme une fuite, mais comme la poursuite stratégique d’un combat politique et géopolitique contre Rome.
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Au delà d'une désinformation destinée à contrer l'humiliation subie, c'est surtout la vision fédéraliste de Carthage, défendue avec vigueur par Hannibal, que Rome, à l'aube de sa domination sur le monde, se devait d'occulter car elle contenait les ferments d'une redoutable opposition à son impérialisme.




