Le 14 janvier à 11h, alors que les manifestants affluent devant le ministère de l’Intérieur exceptionnellement protégé par la Brigade Antiterrorisme (BAT), partout, des alertes, notamment à la Caserne de Bouchoucha (QG de la BAT), menacée d’un assaut.


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Depuis le 12 janvier, suite au vol de plusieurs armes dans les commissariats pris d’assaut par les manifestants, la Brigade antiterrorisme est en opération spéciale en prévention d’une attaque armée du ministère de l’Intérieur. Les groupes de la brigade désignés à cette tâche se relayent chaque demi-journée..

A la caserne de Bouchoucha, les alertes affluent de toute part et des rumeurs affirment que 10.000 manifestants vont la prendre d’assaut. La nuit précédente a été chaotique car des agents des unités d’intervention ont entendu dire que leurs familles avaient été violemment prises à partie. Hystériques, ils ont tenté de se diriger vers l’armurerie pour aller défendre les leurs, mais leurs collègues les ont retenus.

Sur l’avenue Bourguiba, avec l’arrivée des différents corps de métiers, dont les avocats et les médecins, la manifestation s’intensifie. Les hommes de la BAT se déploient alors dans l’enceinte du bâtiment et prennent position partout, même aux étages. Leur mission est strictement destinée à prévenir une menace armée, qu’elle soit dirigée contre le ministère ou les civils. En aucun cas, les hommes de la BAT ne sont habilités à intervenir contre des manifestants non armés. Par ailleurs, certains membres des familles des agents de la BAT sont en train de manifester devant le même ministère…

11h15 – DGSCE (Palais de Carthage)

Pour Ali Sariati, toujours à son bureau (F), il faut absolument observer les mouvements de la foule qui risque à tout moment de se rassembler du côté du Kram et de La Marsa pour ensuite se diriger vers le palais de Carthage. C’est ainsi que vers 11h15, il décide de faire décoller un hélicoptère de surveillance du grand Tunis. Selon la procédure en vigueur, il informe Taieb Ladjimi, Général de l’armée de l’Air, qu’un officier de transmission de la Garde nationale va assurer une mission d’observation. Taieb Ladjimi informe par la suite le ministre de la Défense qui, depuis quelques jours déjà, se méfie sérieusement d’Ali Sariati. Il répond : « Il faut qu’un de nos officiers de la Sûreté militaire accompagne l’officier de la Garde nationale pendant toute l’opération. Et il faut que notre officier soit armé ! » Quelque peu désarçonné par cette décision absurde, Taieb Ladjimi contacte le général Ahmed Chabir, directeur général de la Sûreté militaire, et lui fait parvenir la requête de son ministre.

A 11h45, Ladjimi rappelle son ministre et l’informe qu’un officier de la DGSM est arrivé à l’héliport de l’Aouina et qu’on lui a remis une arme de poing. Le ministre de la Défense rappelle que le survol de l’espace aérien du palais présidentiel est strictement interdit et ajoute :

– Je crains qu’Ali Sariati n’ordonne à l’officier de la Garde nationale de faire feu sur le palais de Carthage.

– Je vais le leur rappeler, mais dans tous les cas, Monsieur le Ministre, le palais présidentiel est un espace aérien interdit… il y a une réglementation très rigide à ce niveau. »

En fait, Ladjimi est une nouvelle fois très étonné des dangereux propos de Grira. Il n’y trouve aucune explication logique. Depuis trois ans que Ladjimi est Chef d’état-major de l’armée de l’air, jamais il n’a entendu de choses aussi absurdes. Il l’affirmera lors de son interrogatoire.

Finalement, l’hélicoptère décolle à 12h00 pour une mission d’observation qui se fera en deux temps : de 12h00 à 15h02, mission à la demande d’Ali Sariati et, après atterrissage pour approvisionnement, l’hélicoptère redécollera pour un vol de reconnaissance de 15h09 à 16h38 sans que la salle d’opération du palais ne soit informée de la seconde partie de la mission, ce qui va entraîner, comme nous le verrons plus loin, des répercussions assez importantes.

Par ailleurs, vers 12h30, Belhassen Trabelsi demande à Zouheir Bayéti, commissaire général de l’aéroport, de lui réserver 7 places dans le premier vol quittant la Tunisie. Bayéti s’exécute puis précise que la fermeture des enregistrements du vol Tunisair pour Lyon est prévue à 14h30.


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